Alain Fraval

Landscapes?

Alain Fraval

Paysages ?

Exposition sur Internet (novembre 2003 à ...)
On line exhibition  (november 2003 to...)ent plus grands)


Livre d'or

De Pierre Donadieu, décembre 2003

La galerie de peintures d'Alain Fraval

Dans chaque toile, les couleurs et les formes se mêlent et s'assemblent en volutes, plages et trames renouvelées. Sans titre, dépouillées de sens immédiat, les peintures se livrent vierges aux regards du public. Ni figure, ni paysage, chaque image abstraite est souvent à décrypter comme une mise en abyme insondable aux significations sans limites.

Tapis chatoyants, temples mystérieux, scènes de théâtre aux rideaux chaleureux, déflagrations luminescentes, vaisseaux monstrueux dans l'espace intergalactique, entrailles de cavernes, fonds marins troubles, campagnes givrées, vitraux à hiéroglyphes, champs de batailles dévastés, villes ruinées, insectes désarticulés ou fragments improbables de carte d'ordinateur, chaque peinture est une énigme à déchiffrer ou un monde à déployer. Pour les uns, elle reste un mystère ; pour les autres, interprétée, elle ouvre les voies d'une adhésion inconditionnelle.

Alain Fraval donne à apprécier les paysages que son public fait naître. Pour réussir cette entreprise poétique, il peint depuis presque trente ans ses espaces intérieurs, de Rabat à Boulogne et dans sa maison familiale à Vignol dans le Nivernais. Inlassablement, méthodiquement, surtout l'été quand il interrompt son activité de rédacteur en chef du Courrier de l'environnement de l'INRA.

De petits (29,7 x 42 ou 36 x 51 cm) ou moyens formats (41 x 61 cm), ses toiles sont monochromes ou polychromes. Leur singularité résulte d'un mode de composition de l'image qui a évolué surtout au cours des dernières années en trouvant ses propres règles. Il y a quinze ans, les peintures n'avaient ni la profondeur fantasmatique, ni la richesse de couleurs chaudes ou froides que la plupart révèlent aujourd'hui.

Sans doute certaines, dans les tonalités grises ou brunes, conservent-elles la sobriété graphique des débuts, mais beaucoup d'autres, travaillées et affinées, ont acquis une qualité des détails qui fait penser aux objets fractals. Car ce travail est aussi intérieur pour le peintre. Il y eut une époque où l'infinie superposition des fenêtres intérieures des peintures ouvrait surtout sur des mondes imaginaires clos et tourmentés. La période actuelle montre plutôt des images ardentes, lumineuses, fourmillantes et effervescentes. L'image palpite, frémit, se contracte ou se déploie. Elle s'impose comme un tout, mais chaque partie détient son autonomie et devient un motif séparable du reste du tableau.

Alain Fraval dispose d'une écriture expressive (expressionniste ?) qui a atteint sa maturité technique. Son style est resté fidèle à ses origines : une exploration perfectionniste des infinies combinaisons de la matière colorée sur la toile, indifférente aux modes ; une invitation dans un théâtre d'ombres et de lumières à des voyages imaginaires et à des émotions inattendues.

P.D.

De Pierre Donadieu, un précédent texte.


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