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Quelques considérations sur la peinture...

Les matériaux bruts sont rarement de la couleur souhaitée, conforme au modèle (même imaginaire) et doivent être teintés. Indissociable de la couleur (teinte, saturation, etc.), la texture de la surface (lisse, mate, d'aspect huileux...) devra être modifiée par le modéliste. Le laiton est d'un jaune métallique éclatant impossible à confondre avec la soudure, le carton blanc est de "blancs" très divers - tandis qu'une variété très commune est d'un gris soutenu -, les traverses en plastique luisent noir, les bonshommes à peindre sont livides des pieds à la tête, le calcaire écrasé est coquille d'oeuf, la sciure de bois jaune, la colle incolore (dit le prospectus)...

La ReFeRe n'a jamais su imposer des couleurs définies pour le matériel roulant ni pour les installations fixes ; ses responsables n'ont d'ailleurs jamais été capables, reculant devant les difficultés d'importation, de ménager un approvisionnement régulier en pigments et liants, laissant la bride sur le cou aux ouvriers chargés de l'entretien, lesquels ont pris un malin plaisir (d'aucuns parlent d'une culture coloristique...) à enduire portes, cloisons, tuyaux, parois de wagons, cabines de locotracteurs et mâts de signaux (à l'époque) de couleurs de leur cru, fruits de mélanges irreproductibles. En s'abstenant toutefois, en général, d'user d'autre chose que d'un brun roux pour les portails et huisseries, que d'un bleu gris pour les ponts, rambardes et autres éléments techniques, d'un jaune doré pour les tuyaux d'eau, etc. "Une cacophonie" s'est exclamé un chef d'État africain en visite, et le mot est resté célèbre... L'environnement des emprises ferroviaires est marqué, au KM 7 notamment, par l'empreinte gris ardoise des rejets de l'usine de retraitement de concrete voisine (NDLR : le concrete - béton en états-unien - est ce matériau genre fibro-ciment incorporant du mâchefer qui est la base de toutes les constructions autour de la capitale). Le sol, de calcaire clair, poussiéreux, se pare (si l'on peut dire) de bruns, de gris sourtout, sur un fond beige clair. Les habitations, bureaux et usines environnants sont parfois peints, ou ont été peints jadis... de diverses nuances de mélanges improbables, eux aussi.

Bref, si le mot "irreproductible" a été employé ci-dessus, il ne s'adresse surtout pas au modéliste, pour qui la restitution des tons, nuances, taches, zones, lignes, contrastes, salissures, brillances, ombres... de ce paysage constitue un défi.

Pour des raisons de simplicité, j'emploie un nombre restreint de couleurs toutes préparées (acryliques pour artistes peintres, en tube ou en bidon). C'est aussi un moyen d'obtenir une certaine unité.

Ci-contre : terre de sienne naturelle, noir, rose Rembrandt, jaune de cadmium citron, jaune oxyde transparent, gris de Payne, bleu de cobalt, rouge de cadmium foncé.

Je dilue à l'eau ou au médium à séchage retardé si la durée du travail l'impose.
Le rendu, brut de brosse, de pinceau ou de couteau, est mat. Un aspect satiné s'obtient par ponçage (plus ou moins fin) et/ou par lustrage (feutrine actionnée à la Dremel ou à l'huile de coude). Pour du brillant, médium gel incorporé ou peinture à l'huile, en glacis. L'acrylique accepte toutes sortes de matériaux en mélange : gesso, poudre de pierre, sciure, "terre à décor", etc.
L'acrylique rigidifie et imperméabilise le carton (et le colle, le cas échant, mais moins vite que la Sader rapide). Il prend, en insistant un peu, sur le plastique et sur le métal (pas gras) et sur la peinture à l'huile archisèche.

Ci-contre, un chantier de peinture. Les éléments de deux wagons, avant pliage, sont passés au rouleau puis au couteau de carossier, recevant ainsi une couche (d'apprêt) uniforme, qui sera poncée, puis recouverte, travaillée, etc.

Que manque-t-il ? Des vues de ces wagons terminés (ça va venir), un aérographe (bof...), un appareil photo numérique (oui !).
A.F.
24 janvier 2001


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