Revue de presse

Dans TRAIN de décembre 2003, magazine de référence de niveau mondial, paraît un papier sur la ReFeRe, texte ma foi bien sympathique d'un reporter aventureux, certes bavard et ramenard mais visiblement très compétent et très pointu dans sa spécialité - les réseaux magistraux - puisqu'il n'a pas caché son admiration pour ce qu'il a découvert et tente de nous décrire (on a coupé un peu mais ce n'est pas pour ça que le texte paraît assez décousu). En fait, son sujet lui a causé une grande émotion et, déjà, son titre est chaotique (et géographiquement faux). Voici, copiés-collés dans le press-book de la ReFeRe, quelques extraits de l'article de Transplanetary Railroading And Improbable News, traduits en français et les meilleures photos.


" De retour du ferroviaire spécial

De notre envoyé étrange à la frontière jordano-chilienne

Ça roule pour la ReFeRe !

" Premier contact. Déjà le nom de l'endroit, crié par le pilote de l'hélico 'kilomètre zéro !', sent le point de départ d'une odyssée. Un grand cercle gris décoré d'un intrigant motif symétrique, le logo de la ReFeRe ? C'est en fait la plate-forme d'atterrissage, où je suis accueilli par de sympathiques ouvriers en salopette bleue et casque rouge. L'habit ne fait pas le moine, ce sont, ils se présentent fort civilement, ils maîtrisent bien notre langue, des chargés de mission du service presse internationale de la dircom de la compagnie privée ReFeRe […]. 'Vous êtes le bienvenu sur la plus grande plaque tournante ferroviaire' […] Les explications pleuvent, je note 'Les trains entiers qui y sont retournés y retournent ' et m'efforce de ne pas me prendre les pieds dans les rails, présentement désertés pour cause d'usage héliportuaire - mais pas longtemps.

La plaque tournante, photo officielle, habilement détourée (cliché ReFeRe)

[…]

" Le décor - une jungle de béton style post-jachère industrielle - tourne ! Mais non. C'est la plaque ! Je suis bien sur une plaque tournante géante, faite d'une sorte de béton, et pourtant elle tourne. Une sorte de mâchoire d'un drôle de bleu s'abaisse. Un petit autorail arrive ! Réflexe de sidérodictyologue : j'ai juste le temps de mesurer 77,7 cm d'écartement entre les rails (de la voie d'à côté celle de l'autorail). Imaginez, c'est la moitié de ce qui se pratique aux États-Unis, où je vous emmène si souvent à la découverte de fabuleux réseaux géants […]. Pour les modélistes amateurs du H0, quelle aubaine ! Cela fait 9 mm, la voie N ! […]. Mais ne rêvez pas trop car, ce que je découvre emporté par le train spécial mis à ma disposition est trop complexe, trop fouillis, trop torturé, trop plein de détails sordides et de recoins anxiogènes pour un modéliste normal.

Mon autorail, ou un semblable. Le toit ouvrant est tout à fait original.

[…]

" A gauche, un trou 'no comment' de la part de mes guides, puis une installation industrielle. C'est une usine, osai-je ? Non point, Monsieur le Grand Reporter (j'ai bien noté l'expression, on m'a appris depuis que c'est du français, je ne vous cache pas ce détail pittoresque), un laboratoire-atelier de concretoclastie (c'est bien le mot, confirmé par un spécialiste du grec). Ici, me dit-on, on n'a pas de bois, pas de charbon, pas de pierre, pas de pétrole mais on a inventé le concrete. Une sorte de fibrociment malin, pour faire court. Qui, grâce à nos ingéniosité et ténacité, sert à tout : plaque tournante, pont, murs, parois de cette voiture et même les sièges, vous n'avez pas pu ne pas le remarquer. On le peint de différentes couleurs mais c'est toujours du concrete. Dans ce labo, on travaille à le détruire, arrivé en fin de vie utile. On parvient à peu près à le fractionner, les recherches continuent.

Ici, on fragmente le concrete obsolète. On imagine difficilement une reproduction fidèle de cette installation de concretoclastie à l'échelle mais certains éléments peuvent tenter des modélistes audacieux. Ci-dessous, l'arrière, que je n'ai pas pu personnellement observer in situ lors de cette première approche, déjà dense en découvertes et fertile en étonnements (clichés ReFeRe).

Je n'en saurai pas plus sur le concrete, on me dit d'aller voir sur Internet mais c'est en français !) sauf qu'il y en a partout, c'est rêche, ça pue un peu et je me demande, très inquiet, quel sens donner à " malin "… Mais la fièvre de la découverte me reprend. J'ai à peine le temps d'apercevoir une sorte de pont levis, de saluer deux ouvriers (en salopette beigeasse, avec pioche sur l'épaule) que nous voilà devant un bâtiment imposant, aux façades rehaussées d'une sorte de dentelle et aux développements indescriptibles. C'est ravissant, dis-je à mes mentors qui semblent ravis de ma bonne appréciation. J'apprends alors que nous roulons devant la zaffe, comme disent mes deux casques rouges. Comprenez l'ASAF, l'Académie des sciences et des arts ferroviaires (en français), institution que les cheminots locaux reconnaissent comme le meilleur centre de formation et de recherche-développement du lieu et, de loin, à la statue rose qui trône devant, haut perchée.

[…]

L'ASAF, à l'architecture si typée, domine le trafic intense et varié de ce réseau - ici un transport de cabanes neuves -, surveillé de près par un casque jaune (cliché ReFeRe)


" L'autorail stoppe doucement. On m'invite à une modeste cérémonie.

[…]

" Une fois reçu docteur honoris causa de cette institution au jury décidément si pertinent et avoir prononcé une vibrante allocution implorant le staff de la ReFeRe de voter un crédit pour s'abonner à Trans Railroading... et m'être entendu répondre qu'il l'étaient déjà, et à leur entière satisfaction, mais à Ptitrain, je fus amicalement prié à un pot pour fêter mon départ, à la Burette, nom secret d'un wagon couvert réformé habilement transformé en bar ; il n'a pas de roues et ne risque rien vis-à-vis des radars à képi. Amis modélistes, voilà - et je n'aurais pas traversé la Planète et entrepris ce trajet périlleux pour rien - un sujet pour une scène originale et pittoresque, à l'humour délicatement dosé. Prévoyez de l'installer en bonne place sur votre réseau, vos amis, épatés, vous en féliciteront. Vous êtes nombreux, je le sais, à me réclamer des plans et un guide pas à pas accessible à un large public d'amateurs soigneux et tout prêts à investir dans ce genre d'installation ferroviaire fixe, sans les problèmes inhérents aux roues et aux mouvements sur les voies, si difficiles à maîtriser, cause de nombreux désabonnements. […]

" En conclusion, après un retour effectué exactement dans l'autre sens, il a fallu affronter une longue attente due à une expo de grues installée sur la plaque du km 0. Avec mes compagnons bleu schtroumpf, en attendant que le Switcher - un locotracteur BB bruyant - manœuvre laborieusement pour évacuer tout ce matos d'un vert pas possible, nous eûmes un dernier échange : contre pas mal d'euros, je repars avec les photos, un cadeau du service photos internationales de la dircom. Merci la ReFeRe pour cette matière à reportage si riche, si engageante, si captivante, si pittoresque !

Les fûts, vert vénéneux, de ce type de grue sont démontables et ferrotransportables. On reconnaît la plaque de l'arrivée au km 0 et l'on distingue, en arrière plan à droite les curieux dispositifs basculants d'arrimage (cliché ReFeRe)

C'est loin, c'est dur, le concrete y est oppressant mais j'y retournerai ! Et vous emmènerai, sur ces voies ferrées inimaginables, plus loin que le mythique kilomètre sept à la découverte de la grue géante. Des aventures incroyables en plein exotisme, dans et sur des trains pas comme les autres trains de TRAIN, à vivre dans les pages de TRAIN, votre magazine de trains préféré.

F.A.


Cet article a été repris ici avec l'aimable autorisation de TRAINS et mis sur le fond vert amande originel.

Liens internautiques
TRAINS - Transplanetary Railroading And Improbable News le portail Web du magazine (souvent inaccessible - errreur 404...).
Ptitrain, l'autre magazine microferroviaire de référence global - édition internationale.
La ReFeRe - site officiel (toujours ouvert et à l'accueil aimable, une mine de renseignements théoriques et pratiques).